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Publié par Isabelle Hache

L’European Sleep Research Society (ESRS), en lien avec les différentes sociétés du sommeil européennes dont la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil (SFRMS) pour la partie française, présente ce jour au parlement européen une grande étude européenne sur la somnolence au volant : le projet Wake-Up Bus.

Plus qu’une étude, c’est toute une campagne qui a été menée sur l’ensemble du territoire européen pour sensibiliser le grand public aux risques liés à la somnolence au volant. Un bus, aux couleurs du projet, est parti du Portugal pour faire le tour de l’Europe, rencontrant le grand public. Des spécialistes du sommeil sont disponibles lors de cet événement pour répondre à l’ensemble des questions liées à la somnolence. En France, c’est à Lyon que le bus a fait escale.

 

 

Plus d’un tiers des conducteurs européens somnolents

39% des répondants ont obtenu un score élevé à l’échelle de somnolence d’Epworth qui permet de mesurer les risques de somnolence dans la journée.

Pas mieux chez les Français, 44,1% ont obtenu un score à risques tandis que la Turquie se démarque avec seulement 14% et l’Autriche, mauvaise élève, affiche un score élevé pour 56% de ses ressortissants.

Les risques de somnolence sont plus présents pour les jeunes adultes de 17 à 30 ans (44,6%), ainsi que pour les femmes (40,5%).

 

Une suspicion d’apnées obstructives du sommeil chez les hommes

Plus de la moitié des hommes (59,8% des répondants)  présentent un risque moyen ou élevé de souffrir d’apnées obstructives du sommeil (AOS) contre 8,3% pour les femmes.

Ce taux est assez proche  en France avec 59,7% des hommes présentant un risque d’AOS contre plus de 75% pour la Serbie, l’Allemagne et la Suède. Ces chiffres importants sont à relativiser car ce n'est pas une enquête portant sur l'ensemble de la population générale et qu'il ne s'agit que d'une suspicion diagnostique, et non pas d'un diagnostic confirmé. Néanmoins cela souligne la forte implication des anomalies respiratoires dans la somnolence, d'autant que le risque d’AOS augmente significativement avec l’âge à partir de 50 ans.

 

kitwub.jpgS’endormir au volant, une réalité pour 20% d’Européens

20,5% des sondés avouent s’être endormis au volant au cours des deux dernières années, occasionnant un accident pour 1,3% d’entre eux.

Les Français semblent un peu plus sensibilisés et reconnaissent s’être déjà endormis pour 19,3% d’entre eux contre plus de 34% pour les Pays Bas et l’Autriche.

 

Des accidents dus à la somnolence souvent mineurs, mais parfois fatals

Les accidents sont généralement matériels, avec peu ou pas de blessures légères. Cependant, plus de 13% finissent à l’hôpital (23,8% pour les Français) et 3,6% causent un décès. Plus de la moitié des accidents ont eu lieu sur des voies rapides.

C’est entre 15h et 16h que les Européens connaissent le plus grand nombre d’accidents dû à la somnolence, avec des pics, tôt le matin, à 6h et 8h.

Les Français devraient redouter plus particulièrement les horaires de 15h et 8h du matin.

 

Une somnolence qui surprend très rapidement

Plus de la moitié (58,6%) des accidents ont eu lieu après moins d’une heure de conduite, avec une sensation de somnolence légère à très élevée pour 85% des Européens. 47,6% des Français se sentaient très somnolent au moment de l’accident.

 

Des troubles du sommeil derrière la somnolence

Mauvais dormeurs, nuit plus courte la veille… ce sont les raisons invoquées par 76,6% des répondants ayant eu un accident, et par 80,9% des Français.


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