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Publié par S.Royant-Parola

Le rêve est une production de l’activité mentale qui survient au cours du sommeil et qui se traduit par un contenu hallucinatoire élaboré faisant appel à des images, des sons, des sensations, avec des scénarios plus ou moins complexes, où tous les sens peuvent être impliqués. Les rêves sont parfois banaux touchant des thèmes factuels de la vie courante. Parfois ils sont plus riches évoquant un scénario de film plus ou moins complexe. Vraisemblables ou loufoques, agréables ou dérangeants, les rêves ne laissent jamais le dormeur indifférent. On peut rêver en noir et blanc ou en couleur. Voir précisément les visages des personnes qui nous parlent mais ne pas entendre leurs paroles. Ou l’inverse, ne pas identifier les visages mais comprendre ce qui est dit et même reconnaître les voix. Le souvenir des rêves est fugace ce qui explique que la plupart du temps on a l’impression de ne pas avoir rêvé.
 

Mais d’où viennent ces images, ces « dialogues », ces sensations ? De ce que nous avons vécu ou ressenti que ce soit dans la vie réelle, à un moment de notre existence, ou au travers de lectures, de films, d’histoires entendues.  Ces sensations sont souvent suscitées par ce que nous sommes en train de vivre, surtout si les événements de la journée sont forts sur le plan émotionnels. Elles peuvent être réactivées par des sensations physiques, douleurs, plaisirs, événements extérieurs (bruit, chute d’un objet…) au cours du sommeil.


Dans le rêve, la dimension du temps est abolie. On peut rêver d’une situation actuelle avec des personnages rencontrés plusieurs années auparavant, et même incorporer des souvenirs très anciens remontant à notre enfance.  Au cours du sommeil nous avons accès plus facilement à la mémoire de faits « oubliés » dans la journée, soit parce qu’ils sont trop dérangeants (et Freud parle de refoulement), soit parce que nous ne pouvons pas tout le temps avoir à l’esprit tout ce que nous avons vécu car nous serions alors submergé par beaucoup trop d’informations. Tous ces souvenirs et ces expériences sont stockés dans notre cerveau avec plus ou moins de précisions en fonction du degré d’émotion qui s’est rattaché à ce souvenir. Le rappel des souvenirs au cours du rêve se fait selon une logique qui est très différente de celle de l’éveil et qui donne tout le côté bizarre et dérangeant des rêves.  Il y a un télescopage des époques, des personnages et des situations ce qui a fait dire à Freud que le rêve se formait par condensation des souvenirs.


Derrière les associations étranges que nous trouvons au rêve il faut pouvoir en décrypter le sens caché. Un foulard « rouge » peut très bien faire référence au foulard rouge que l’on a eu à un moment de sa vie, comme évoquer la couleur du sang, ou faire référence au parti communiste !  De même,  les mots doivent être entendus dans tout leur sens possibles. « La mer » est aussi bien « la mère », que « l’amer »… « N’être » peut se comprendre comme « naître ». Ce qui donne toujours plusieurs lectures possibles du rêve. Ce style d’interprétation est typique de celle que l’on peut faire en analyse. Ainsi George Dubal, psychanalyste, rapporte le rêve d’un de ses patients,  Lucien. Ce dernier dans son rêve voyait Françoise, sa gouvernante mais aussi maîtresse, verser un pot de crème du balcon dans la rue. Lucien était persuadé que son analyste réprouvait cette liaison. D’où son sentiment, inavoué que Dubal était un  con, ce qui était exprimé dans le rêve au travers de cette représentation métaphorique.


Bien souvent au cours de la journée nous enregistrons des émotions que nous ne laissons pas passer, par gêne, peur, ou convenance… Dans nos rêves ces émotions vont revenir, sans le filtre de contrôle que notre cerveau met en place pendant l’éveil. D’où parfois la clairvoyance qui accompagne certains rêves sur les sentiments réels que les autres ont pour vous, ou au contraire, que vous avez pour eux.



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Psychoreve 06/11/2008 12:04

Il est communément admis (notamment après la lecture et l'acceptation des écrits freudiens qui évoquent ce point) que : "Dans le rêve, la dimension du temps est abolie". Or la notion du temps figure "clairement" et même expressément, ce qui somme toute est logique, dans les rêves. Je me permets d'éclairer ce point de vue, qui, à ma connaissance, n'est éclairé par aucun auteur ; je ne ferai brièvement ressortir qu'un élément en tant que marqueur du temps : il s'agit de "l'enfant dans le rêve".L'enfant qui apparaît dans un rêve peut tenir un rôle particulier, très différent de celui qui peut revenir aux autres personnages ; quant à sa valeur représentative je me démarque radicalement de ce que vous pouvez en lire ici ou là sous le nom d'enfant intérieur.
Nous avons tous remarqué que le rêve faisait participer des enfants, et même des enfants en bas âge, pour son travail nocturne ce qui est rigoureusement interdit par les conventions internationales:. Si le rêve utilise ces bambins c'est parce qu'ils correspondent idéalement à une durée, précisément leur durée de vie. Je m'explique :Lorsqu'un enfant est mentionné dans un rêve l'on est toujours capable de lui donner un âge suffisamment précis : "Il devait avoir un an, il commençait à marcher" ou "Pour moi, je lui donne deux ans et demi, pas plus" ou bien encore "Elle était avec son fils âgé de sept ans". Ce qui est frappant à propos de tous ces enfants c'est cette capacité qu'a le rêveur à leur attribuer un âge raisonnablement précis . . . et pour cause, puisqu'ils sont là en tant que figuration d'une durée. Le rêve sachant de quoi il veut nous parler les emploie donc en connaissance de cause. Généralement ce sont des enfants à tonalité neutre, parfois ils nous sont connus et peuvent "avoir un supplément d'âme" en ce sens qu'ils définiront un petit quelque chose en plus. Si vous rêvez que le fils de votre concessionnaire auto âgé de cinq ans est atteint de progéria, cette maladie orpheline qui donne l'aspect de vieillards aux enfants qui en sont atteints, cela pourra vous faire penser que vous avez acheté votre voiture il y a cinq ans et qu'elle commence "à se faire vieille". Rencontrer des enfants inconnus dans les rêves ne veut pas dire que nous les aurions rencontrés dans une vie antérieure comme je l'entends quelquefois. Leur présence ne se justifie pas non plus par le fait que nous ayons été enfant et que c'est "notre enfant" en souffrance qui s'exprime au fond de nous. Dans un tel cas il me paraît difficile de justifier pourquoi ces enfants peuvent avoir des âges aussi différents et pourquoi ils se livrent, ou non, à leurs petites activités annexes et pourquoi ils peuvent être de l'autres sexe.
Cet enfant nous donne le droit d'affirmer que pour un rêve correctement compris on peut véritablement parler de traduction plus que d'interprétation. Suite à la narration d'un rêve, lorsque vous pouvez dire à un parfait inconnu : "Voila ce qui s'est passé pour vous il y a trois ans et demi . . ." et de lui citer des faits de sa propre histoire ainsi datée, donc contrôlable sans ambages, vous aurez rapporté là un fait historique. Et les faits sont suffisamment têtus pour ne pas varier au gré du désir des interprètes.

sieglind la dragonne 16/08/2007 09:20

C'est sur que notre "mythologie" personnelle fait qu'on prête à un objet, à une couleur, tout autre signification (chez mon frangins délirant lors d'une grippe, il était obligé de trier avec une toute petite rose qui pliait à chaque essai tout un tas de roses énormes et la tâche le faisait pleurer éveillé. Rien à voir avec une symbolique philosophique quelconque, c'était tout simplement le dessus de lit très kitch qu'avait ma mère adoptive à l'époque, des roses énormes, façon hyper-réalistes sur fond blanc...Pour les rêves, c'est vrai que je pourrais presque en faire une rubrique... assez délirants ceux dont j'arrive à me souvenir du début à la fin (par la fameuse technique de notation dès le réveil évidemment hé, hé)Bises vous-deux et bonne fin de semaine, je pars jusqu'à dimanche en Charente Maritime...