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Publié par Isabelle Hache

 

Un titre évocateur pour cette conférence à succès lors du XXIe Congrès du sommeil à Albi. Rares, mais extrêmement perturbants, les troubles du comportement sexuel liés aux pathologies du sommeil peuvent faire sourire, mais avoir aussi des conséquences médico-légales et familiales graves. Du somnambulisme sexuel aux hallucinations à tonalité sexuelle, le Dr Isabelle Arnulf (Hôpital Pitié-Salpêtrière - Paris) nous expose les différents comportements identifiés à ce jour.

 

En dehors des « rêves humides » avec éjaculation pour les hommes et des rêves érotiques pour les femmes aboutissant à l'orgasme, aucune étude ne s'est réellement penchée sur les comportements sexuels anormaux pendant le sommeil. Une enquête anonyme sur Internet, en 2006, a permis d'identifier quelques comportements.

L'acte sexuel permettrait de nous endormir plus rapidement, nous dit la croyance populaire. Or chez 10 volontaires sains, la masturbation, accompagnée ou non d'un orgasme, ne diminue pas le temps d'endormissement et ne modifie pas le sommeil. Si visionner un film érotique ne le modifie pas non plus, ni la fréquence ni la durée des érections nocturnes ne le sont également, il diminue cependant le taux de rappel de rêves le lendemain. L'abstinence ne changerait pas non plus le nombre d'érections ou d'éjaculations nocturnes chez les hommes mariés.

 

Quant aux comportements sexuels anormaux liés à une pathologie du sommeil, l'enquête a fait ressortir que les plus touchés par de tels troubles étaient pour 69% des hommes d'une moyenne d'âge de 30 ans. Ces troubles se retrouvent lors de parasomnies, d'épilepsies nocturnes, du syndrome des jambes sans repos (SJSR), de narcolepsie et du syndrome de Kleine-Levin.

 

Les parasomnies sexuelles concernent quatre fois plus les hommes que les femmes. Des points communs avec les cas d'épilepsie nocturne avec automatisme sexuel sont mis en avant, comme la masturbation, la vocalisation sexuelle, les caresses, l'excitation sexuelle ou l'orgasme. Les parasomnies sexuelles peuvent aussi entraîner un somnambulisme sexuel, viol ou contact sexuel avec autrui accompagnées d'une amnésie des faits, contrairement aux crises d'épilepsie. Si quelques conjoints rapportent des effets agréables, pour 35% des cas de parasomnies sexuelles, il y eut des conséquences médico-légales, essentiellement sur mineur. Un traitement existe pour lutter efficacement contre les parasomnies sexuelles.

 

Pour le SJSR deux cas exceptionnels de « vagin sans repos » ont été rapportés. Seul l'acte sexuel calmait temporairement les sensations d'hyperexcitation, de lourdeur/chaleur vulvo-vaginales insupportables et parfaitement différentiables des désirs sexuels habituels.

Un homme, atteint d'un SJSR remontant jusqu'au pelvis, avait des mouvements rythmiques non seulement des jambes, mais également du bassin ressemblant au coït. La masturbation et l'acte sexuel sont parfois efficaces pour calmer la sensation désagréable et s'endormir, un traitement permet de faire régresser les symptômes.

 

Il existe des hallucinations hypnagogiques à tonalité sexuelle dans la narcolepsie, pouvant conduire à des accusations de viol. Des cataplexies peuvent être déclenchées par l'émotion sexuelle ou l'orgasme.

 

Une hypersexualité est rapportée pour 53% des cas de syndrome de Kleine-Levin, plus fréquente chez les garçons, dénotant un facteur de gravité doublant la durée de la maladie. Cette hypersexualité peut être à l'origine d'agressions sexuelles ou d'activités masturbatoires en public.

 

Les comportements sexuels anormaux associés au sommeil peuvent avoir une incidence grave, osez en parler à votre médecin, en particulier lorsqu'il s'agit de somnambulisme, d'hallucinations ou d'hypersomnies notamment dans le cadre du syndrome de Kleine-Levin.

 

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hypnos 08/07/2007 15:31

Merci pour votre attention, je n'avais pas bien lu le "aussi" qui lève l'ambiguîté dans votre formulationles lecteurs pourraient comprendre: soit qu'il n'y a pas d'amnésie post critique dans l'épilepsie, soit qu'il y a toujours amnésie dans les sexsomnies.Il existe effectivement des sexsomnies compulsionnelles en sommeil lent (notamment médicamenteuses mais pas seulement) qui laissent plus ou moins un souvenir et des troubles du comportement en sommeil paradoxal qui eux, "à l'instar" de l'épilepsie n'en laissent souvent aucun.Un sujet passionnant aux retombées sociétales multiples ...Cordialement

S. Royant-Parola 08/07/2007 10:36

Dans cette forme d'épilepsie, l'amnésie n'est pas obligatoire. Il existe des souvenirs au moins partiels.

Hypnos 07/07/2007 19:04

bonjour,Ne doit on pas lire "à l'instar des crises d'épilepsies" au lieu de "contrairement  .." ?>Vous m'exuserez si je fais erreur, je ne suis pas neurologue  :-) Bien cordialement

Sieglind la dragonne 29/11/2006 17:52

Bin je sais qu'il ne faut pas rire... mais excuses-moi, vu le sujet j'ai eu mon délire visuel sur le type en train de se croire avec sa copine  (genre la blague du type qui fait les pompes sur la plage et son copain lui disant d'arrêter, elle est partie hé, hé)Bin voilà une chose qu'on ne connait pas dans la tribu (et pourtant, vous avez eu des exemples de nos exploits pendant le sommeil)Gros bisous et pour le viol en état de somnambulisme, j'en avais aussi entendu parlé.