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Publié par Morphee



Sommeil perdu, sommeil négligé, risques liés à ce déficit, intrusion des appareils électroniques dans notre chambre, nuits qui deviennent aussi actives que nos jours, tout est dit dans l'excellent article de Mikaël Fonton dans Valeurs Actuelles de ce jour.



Extrait:

Les habitudes de vie sont moins propices à un repos de qualité

Scientifiquement,le sommeil constitue un domaine encore à explorer.Les différentes phases en sont connues (le sommeil lent profond, où le corps se repose; le sommeil paradoxal, qui est le temps du repos psychique et des rêves), mais l’INPES rappelle qu’il n’existe pas de critères scientifiques permettant de définir la dette chronique de sommeil.Elle repose sur une estimation: un déficit de quatre-vingt dix minutes chaque nuit par rapport aux besoins déclarés – soit une nuit de sommeil chaque semaine – constitue une dette chronique.

Savoir de combien de sommeil nous avons besoin n’a pas qu’un intérêt pratique. « Cela aidera aussi à mieux comprendre comment fonctionne le sommeil, lequel repose sur un système complexe encore largement méconnu. Démêler notamment les interactions entre les cycles circadiens, le balancier entre la veille et le sommeil, l’environnement et les gênes », explique Medhi Tafti, de l’université de Lausanne,dans les colonnes du Figaro. Récemment une équipe de virologues de l’université de Californie a montré qu’une mutation génétique rare pourrait être à l’origine d’un besoin en sommeil plus faible que la moyenne (de quatre à six heures par nuit contre huit heures pour le reste de la population).

Si nous dormons moins qu’il y a vingt ans,c’est que, selon Xavier Bertrand « les habitudes de vie sont de moins en moins propices à un repos de qualité ». L’enquête de l’INPES, la première de ce genre consacrée exclusivement au sommeil et réalisée à la fin 2007, révèle que deux personnes sur trois consomment des stimulants (thé, café, alcool, soda, tabac) dans les deux heures précédant le coucher. Plus de la moitié des personnes estiment, à tort, que regarder la télévision le soir (une heure et demie en moyenne) les aide à s’endormir. Enfin, surfer sur Internet se répand également: 35% des sondés déclarent passer devant l’ordinateur la dernière heure de veille.

Ces tendances s’inscrivent dans le cadre d’une évolution plus vaste, débutée à l’ère industrielle, comme le souligne Joël Paquereau, président de l’INSV (Institut national du sommeil et de la vigilance) : « Chaque décennie a apporté une nouveauté empiétant sur le temps de sommeil. » L’arrivée de l’électricité a offert à l’individu la possibilité de couper sa dépendance avec le rythme naturel du soleil. Le développement de la télévision, puis l’extension des programmes ont prolongé la soirée au-delà de minuit. Enfin, l’arrivée d’Internet a aboli la notion de temps et d’horaires. Selon Maurice Ohayon, chercheur en épidémiologie des troubles du sommeil à l’université de Stanford, « un bon nombre d’individus luttent contre le sommeil pour regarder la fin d’une émission ou ne pas interrompre une connexion à Internet […] Pour certains, la nuit ne sert plus à dormir, mais à réaliser des choses intéressantes. Il y a un changement de culture. »

De son côté, le sociologue Robert Rochefort, directeur du Centre pour l’observation et l’étude des conditions de vie (Credoc), affirme dans la Croix que « vivre la nuit s’inscrit dans une logique de modernité, celle de la ville qui ne dort jamais. Cela étend les champs des possibles ». L’irruption du chômage, et du stress afférent, l’importance de l’activité,du rendement,ont également contribué à forger l’image de la nuit de sommeil comme étant une période inutile, une contrainte


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