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Publié par S Royant-Parola


Différentes études ont impliqué la durée habituelle du sommeil comme étant un facteur de risque de mortalité et de morbidité. En particulier un lien a été souligné entre une durée courte de sommeil et  l’obésité. Ces études ont suscité un large engouement de la part des médias  alimentant l’idée très porteuse que l’épidémie d’obésité avait quelque chose à voir avec la restriction de sommeil observée depuis une vingtaine d’années. D’où la recommandation de certains de dormir plus pour contrôler l'obésité.

Dans la revue Sleep Medecine Reviews du mois d’aout une discussion passionnée entre spécialistes est lancée suite à un article  de N. Marshall et coll.

Ils ont effectué une revue critique  de la littérature disponible dans le monde entier décrivant la relation entre la durée habituelle du sommeil et l'obésité  dans des populations adultes et enfants, en mettant l'accent sur des études longitudinales et sur celles disposant de mesures objectives de la durée habituelle du sommeil.

Les données existantes donnent des résultats assez disparates. Une seule étude a objectivement mesurée la durée du sommeil sur  24 h. On retrouve en effet souvent une association entre une courte durée du sommeil avec l’index de masse corporelle. Toutefois, certaines de ces études ont également montré qu’une longue durée de sommeil est également associée à l'obésité. En revanche, d'autres études ne montrent pas d’association,  ni à une courte, ni à une longue durée de sommeil pour l'obésité. Dans la population pédiatrique, le fait de dormir peu semble plus clairement associé à l'obésité. Il n’y a pas  d'études internationales où la durée du sommeil a été modifiée afin de prévenir ou de traiter l'obésité.

Cette équipe prend donc le contre pied du discours ambiant avec des arguments solides  pour défendre l’idée que nos connaissances ne sont pas encore assez bien établies pour donner des conseils de santé publique sur la durée du sommeil pour contrebalancer l'obésité. Nous avons encore besoin d’études pour en arriver à de telles affirmations.



Pour être pragmatique, dormons ce qu’il nous faut, pas plus, pas moins,
et il y a des chances que ce soit la bonne durée.



Is sleep duration related to obesity? A critical review of the epidemiological evidence.
Nathaniel S. Marshalla, Nick Glozier, Ronald R. Grunsteina.
Sleep Medicine Reviews (2008) 12, 289–298

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sieglind la dragonne 01/09/2008 07:37

En gros... on n'en sait pas trop encore... J'avais une copine dont la mère ne dormait que quelques heures (et le plus souvent assise à la Elephant Man comme je disais) parce que de se coucher rendait pénible la respiration, mais ce n'était pas une cause de son excès de poids, plutôt un des résultats sur sa santé de celui-ci.A plus !