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Publié par Morpheus

Suite de l'intervention du Dr Alain NICOLAS
Mauvais Sommeil : Attention à la Dépression !
Eurosom 2005

 

Sommeil & Psychiatrie
(Je tiens à préciser que derrière ce mot qui fait « peur », Psychiatrie, il n’y a aucune forme négative à en ressortir. La dépression relève de la psychiatrie, ce qui touche à l’esprit).
La plainte de son sommeil est présente chez la plupart des patients en psychiatrie. Plus d’un tiers des patients présentant un trouble du sommeil montrent des signes de pathologie psychiatrique. Enfin, 75% des insomniaques ont un diagnostic de pathologie psychiatrique primaire ou secondaire.

 

Troubles de l’humeur
Dans 90% des dépressions majeures, on retrouve un tracé de sommeil perturbé. L’insomnie est de loin le trouble le plus fréquent. On retrouve a contrario une hypersomnie dans des épisodes dépressifs des troubles bipolaires (psychose maniaco-dépressive) et dans les troubles saisonniers. Lors des états maniaques, le besoin de sommeil est réduit à sa plus simple expression : agrypnie (insomnie) transitoire.

 

Insomnie et dépression

Quelques chiffres…

Dans une insomnie isolée, on rencontre 31,1% de dépression, dans 2,7% des cas de dépression il n’y a pas de troubles du sommeil, il y a une insomnie ou une hypersomnie chez 54,3% des cas et 52% des insomniaques chroniques qui consultent dans un centre du sommeil ont une dépression.

 

Sommeil et dépression

Dans la dépression on relève :

  • • Des troubles de la continuité du sommeil avec un allongement du temps de l’endormissement, une fragmentation du sommeil et une diminution du temps de sommeil total.
     
  • • Une réduction du sommeil lent profond.
     
  • • Des anomalies du sommeil paradoxal.

 

 

Spécificité des altérations
Les anomalies du sommeil paradoxal peuvent faire penser à une dépression endogène (qui n’a pas de cause extérieure), mais il est impossible de différencier les sous-types de dépression.

La variabilité des troubles d’un patient à l’autre, rend parfois le diagnostic difficile et enfin la réduction de la latence du sommeil paradoxal est plus spécifique (mais que l’on retrouve aussi dans d’autres pathologies psychiatriques)

 

Dynamique des troubles
L’intensité nous montre la gravité du trouble, elle est plus importante en début d’épisode dépressif. Les troubles augmentent avec l’âge. On retrouve une persistance des anomalies au cours des rémissions, comme le raccourcissement de la latence du sommeil paradoxal qui est un indice de vulnérabilité, qui peut faire penser à un marqueur de la dépression dans le sommeil.

On retrouve également la présence d’une latence courte chez les parents sains.

 

Privation de sommeil
1968 : première observation de l’effet antidépresseur d’une privation de sommeil.

La privation de sommeil qu’elle soit totale, partielle (début ou fin de nuit), voire paradoxale… potentialise (renforce les effets) le traitement médicamenteux.

L’effet antidépresseur survient très rapidement mais reste éphémère, la privation de sommeil aide à mettre un système en route pour les antidépresseurs. Ses effets restent cependant entretenus si la privation est répétée.

L’efficacité de la privation de sommeil est donc rapide (quelques heures) et marquée, simple à réaliser, sûre avec des effets secondaires très limités (les risques sont surtout pour les bipolaires avec le risque d’un virage à l’état maniaque), peu onéreuse.

Elle est efficace dans environ 50 à 60 % des cas, l’amélioration de l’humeur disparaît cependant dès le premier sommeil de récupération. Ceux qui sont de typologie du soir répondent mieux à la privation, à éviter donc chez les patients bipolaires et on peut constater un risque d’aggravation du trouble panique.

 


Hypothèses sur les relations Insomnie – Dépression

La pression de sommeil paradoxal
La privation de sommeil paradoxal est antidépressive, en effet la plupart des antidépresseurs réduisent la quantité de sommeil paradoxal (SP), on constate également que la réponse à certains antidépresseurs est liée à l’intensité de la réduction du sommeil paradoxal et du rebond de celui-ci à l’arrêt de ceux-ci.

 

Hypersensibilité cholinergique
Dans la dépression on constate une augmentation de l’activité de l’acétylcholine (neuromédiateur) par rapport à celle de la noradrénaline (neurotransmetteur). Le sommeil paradoxal serait déclenché par une activation de l’acétylcholine. On pense donc que l’acétylcholine a une action sur le sommeil et la dépression.

 

Modèles chronobiologiques
On constate une avance de phase du rythme régulant le sommeil paradoxal, il survient plus tôt dans la nuit, ainsi qu’une diminution de l’amplitude du rythme circadien de l’éveil. Il y a une présence de sommeils diurnes chez les déprimés, ainsi qu’une perte des repères temporels.

 

Déficience du processus S
Le processus S n’atteint pas le niveau observé pendant l’éveil chez les sujets sains. Le premier épisode de sommeil profond est déficient, il manque de « pression de sommeil » qui permet l’expression du Sommeil Paradoxal en début de nuit. La privation de sommeil apporte une amélioration due à une augmentation de la « pression de sommeil ».

 

Conclusions
Il y a une association étroite entre les troubles du sommeil et les pathologies psychiatriques. On y retrouve des liens physiopathologiques et une relation de cause à effet. La compréhension des mécanismes du sommeil ouvre de nouvelles voies d’exploration dans le domaine de la physiopathologie psychiatrique. Le traitement des pathologies psychiatriques doit donc prendre en compte les troubles du sommeil.
 

 

Prochain : Petit guide de survie à l'usage des insomniaques
Par contre... Euh... Nous partons en congrès... Si je trouve une connexion, vous aurez la suite !

Commenter cet article

sieglind 25/11/2005 11:59

Sortir de la norme Francky ça dérange énormément les moutons! (je sais de quoi je parle, tu le sais également! ;-) )
Pouvoir vivre sans le regard des autres sur sa vie et sa manière d'être, à moins de vivre en reclus sur une île déserte, tu ne peux l'empêcher, il faut simplement s'exercer à l'oublier et à passer à travers.
Grosses bises de fin de semaine et à tout le monde. je file m'entraîner.. à ne pas faire grand chose ce week-end (pour changer MDR!)

Francky 25/11/2005 09:46

Hello me revoilou !
Dans mon cas c'est plutôt un ralentissement, envi de rien... si d'un café... Je reviens ;o))))

..............

Voilà, je le partage avec vous ;)
Oui, les réactions et les symptoms sont vraiment différents avec chaque personne !
Mais d'en connaître l'origine ça c'est plus dur... Je parle encore de moi mais je pense que le regard des autres sur mon petit couple me fatigue et me pèse... J'ai beau me dire c'est ma vie, je me fous de ce que l'on en pense, je suis bien et c'est le plus important ! Et bien la réalité vous rattrappe à une vitesse fulgurante et prend malheureusement le dessus :(
Pourtant ce n'est pas d'hier, comme quoi !
Les nerfs jouent beaucoup sur notre santé et c'est pour ça qu'il est important d'avoir un bon sommeil !
Votre travail est remarquable et c'est vrai Kant que l'on s'attache aussi ;)
Gros bisous !!!
Message de Francky & Jojo

Morpheus et Kant 26/11/2005 19:28

On avance... un pas après l'autre...
Votre carte message de fin d'année est superbe. Bravo pour le dessin et pour la neige.
J'adore vos attentions. Ca fait plaisir. Et je regrette seulement de ne pas l'avoir vu avant... A cause d'OB qui faisait grève ce matin.
Bises à tous les deux!
kant

Nicop 24/11/2005 11:39

Cela faisait longtemps que je n'étais poas passé ici dis donc! :0101:
Les articles sont toujours de qualité bravo! :0085:

sieglind 24/11/2005 10:45

Ma Moyra avait le bourdon? Je file voire chez elle!
La dépression côté de mon dragon (pas lui, les autres membres de sa famille) on connaît un gros terrain d'étude ça (sur trois enfants deux divorcés et en mal être permanent... ça fait réfléchir). j'ai choisi celui qui a joué l'instinct de survie et gommant tout son passé et en choisissant de vivre très loin (une fuite d'accord, mais profitable, il est bien dans sa peau, a récupéré "son" image et pas celle du père comme on dit et on s'éclate depuis)
Je file, je vais faire un bisous à Moyra. Bises à vous les dormeurs! (c'est bon ça, avec de la mayo!)

isis 24/11/2005 08:24

bravo !! c'est clair et concis ... perso , quand ça va pas , j'aurais plutôt tendance à me réfugier dans le sommeil , "maniaco dépressive" p'têt pas quand même !! mais cyclothymique , oui !! mais la SEP y est aussi pour beaucoup ...
en tout encore merci pour vos articles !!
bon congrès !!