Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Morphee

Le grand incendie de Londres (1666), la collision du Titanic, l'explosion de l'abri Sadi Carnot à Brest (1944), la catactrophe Bhopal en Inde (1984), l'accident de la navette Challenger (1986), la fusion du réacteur nucléaire à Tchernobyl( 1986), l'echoument de l'Exxon Valdes (1989), le naufrage du pétrolier Erika au large du morbihan (1999)...

Une liste impressionnante de catastrophes humaines qui jalonnent l'histoire. Des drames qui ont un point commun : le manque de sommeil de travailleurs. Depuis la révolution industrielle, l'Homme se veut plus fort, plus puissant, plus productif, plus performant mais en oubliant l'essentiel et sa condition d'Homo sapiens, d'être ayant un rythme diurne.

Que penseriez-vous si subitement les canaris se mettaient à vivre sous l'eau, si les lions se nourrissaient exclusivement d'algues et si les caméléons migraient vers l’Antarctique ? Tout ceci est impossible car allant contre leur nature tout comme l'Homme qui subirait un rythme de vie ne laissant pas assez de place au sommeil.

Nos horloges biologiques malmenées

 

En France, 1 salarié sur 4 travaille en horaires décalé ou de nuit. Le travail de nuit concerne 15,2% des salariés soit 3,5 millions de personnes (enquete DARES, 2011).

Ce type d’horaires de travail est toujours perturbant pour l’organisme. Il met à mal les rythmes biologiques. Nous avons des horloges dans le cerveau qui contrôlent les différentes fonctions du corps (le rythme de la digestion, des secrétions hormonales, de la force musculaire, du sommeil….). C’est la lumière du jour qui permet à nos horloges de bien caler nos rythmes entre eux pour fonctionner de manière optimale. Si cette synchronisation ne se fait pas ou mal, la désorganisation qui en résulte aboutit à la perte de la programmation de ces fonctions qui se font alors au coup par coup. Tout notre corps fonctionne alors dans le stress avec des conséquences qui sont maintenant bien connues : troubles digestifs, prise de poids, risque d’hypertension, ou de troubles du rythme cardiaque, mauvais sommeil ou insomnie majeure.

Les conséquences du travail posté ou du travail de nuit

La plupart des études montrent une diminution du temps de sommeil total associé au travail posté et/ou de nuit. On a objectivé une augmentation du risque de somnolence durant la période d’éveil. Les risques d’accidents de la circulation sont multipliés par 2. Ils sont plus importants lors du trajet aller avant un poste du matin, et lors du trajet retour après un poste de nuit.

Quelles que soient les modalités d’organisation du travail posté, les postes de nuit et les postes très tôt le matin (avant 7h) sont responsables d’un temps de sommeil court et d’une somnolence. Les mêmes effets sont observés pour les postes très longs (> 16 heures) et les longues semaines de travail (> 55 heures). Pour cette population de travailleurs, on relève plus d’accidents du travail et plus d’arrêts de travail.
Les risques sur la santé sont loin d’être négligeables. Globalement ces horaires de travail qui entrainent des ruptures de rythme favorisent un surpoids avec une augmentation modérée de l’indice de masse corporelle. Les risques cardio-vasculaires sont connus de longue date avec une augmentation modérée du risque de maladies cardiovasculaires et d’hypertension.
Moins bien connus sont les risques cancérigènes. Celui qui est le plus établi concerne le cancer du sein. Les résultats de 2 méta-analyses (Megdal, 2005 et Erren, 2008) rapportent une augmentation de 40 à 51% du risque de survenue d’un cancer du sein chez les femmes en travail posté et/ou de nuit. Il n’y a pas de preuve concernant l’implication causale de la mélatonine ou de la réduction du temps de sommeil, néanmoins on note une tendance à une augmentation du risque quand le temps de sommeil est inférieur à 6 heures. En ce qui concerne le cancer colorectal ou le cancer de la prostate, les données laissent suspecter un accroissement du risque en association avec le travail posté et/ou de nuit. Cependant, les données sont insuffisantes pour confirmer ou infirmer ce risque.

S'adapter ou pas ?

Alors que faire ? Afin de préserver notre santé devrions-nous cesser toutes activités, revenir au mode chasseur/cueilleur et regagner nos édredons dès le coucher du soleil ? Evidement non, aucun spécialiste du sommeil ne pourra vous recommander ces mesures drastiques mais bien au contraire, ces spécialistes peuvent vous aider dans la mise en place d'un nouveau ryhtme de travail, de sommeil et donc de vie. Mais une fois de plus nous ne sommes pas tous égaux devant ce type de changement. Le travail de nuit ou le travail posté est d’autant mieux supporté qu’il s’inscrit dans un choix et une motivation forte. Malheureusement les conditions de travail ne remplissent pas toujours ces conditions idéales et sont plutôt subies que choisies. Il y a des personnes qui ne tolèrent pas d’emblée les horaires imposés et sont donc nécessairement orientées vers d’autres postes. D’autres le tolèrent assez correctement et ce sont le plus souvent de courts dormeurs.
Entre les deux il y a des personnes qui s’adaptent dans un premier temps mais qui, souvent à l’occasion d’un changement dans leur vie (vie en couple, arrivée d’un enfant, décès d’un proche, accident, …), n’arrivent ensuite plus à suivre le rythme.
Plus on est jeune, avec une typologie de sujet du matin, mieux on tolère le travail posté. Les femmes semblent avoir plus de difficultés. L’un des premiers signes d’intolérance est l’apparition d’une insomnie. Une étape supplémentaire est franchie quand la personne est obligée de prendre régulièrement des hypnotiques.

Fort heureusement, en combinant le savoir issus de diverses études menées et les impératifs de nos ryhtmes biologiques, nous pouvons nous adapter en mettant en oeuvre quelques recommandations.

Comment diminuer les conséquences du travail de nuit ou du travail posté ?

Certaines recommandations de la Société Française de Médecine du Travail (2012) concernent l’organisation du travail sur laquelle le travailleur n’a souvent que peu de possibilités d’action directe. Ainsi, les rotations en sens horaire semblent avoir moins d’effets délétères sur le sommeil et la vigilance que les rotations en sens antihoraire. Pour prévenir les durées de sommeil raccourcies sur 24 heures, il est recommandé d’éviter les rythmes de rotations rapides (2 à 3 jours) et de préférer des rythmes de rotation intermédiaires de l’ordre de 4 à 5 jours.
Les conditions d’éclairage des salles de travail sont aussi tout à fait déterminantes. L’exposition à la lumière avant et/ou au début de chaque poste, ou bien encore la présence d’une lumière de haute intensité pendant le travail posté, sont recommandées pour faciliter l’adaptation au travail posté ou au travail de nuit. Dans tous les cas la limitation de l’exposition à la lumière en fin de poste est recommandée pour faciliter le sommeil.

Sur le plan de ce que doit faire le travailleur pour limiter le retentissement du travail posté ou de nuit, un certain nombre de recommandations concerne essentiellement la gestion du sommeil et l’utilisation de la caféine et de la lumière :

 

• Respecter un temps de sommeil quotidien supérieur à 7 heures par 24 heures.
• S’astreindre à une bonne hygiène de sommeil en particulier en maintenant des horaires de sommeil les plus réguliers possible (y compris pour les siestes).
• Une prise unique de caféine (sous la forme d’un café) en début de poste peut améliorer la vigilance au travail.
• Durant le travail de nuit, et tout particulièrement en cas de poste de sécurité, une sieste courte (inférieure à 30 minutes) est recommandée. Cette sieste peut être effectuée avant la prise de poste ou au cours des pauses durant le travail selon les possibilités.
• Se protéger de la lumière en portant des lunettes de soleil en rentrant le matin à la maison pour se coucher.

 

Sommeil et travail

Commenter cet article

comment bien dormir 23/07/2014 12:52

en effet, il existe un très fort lien entre le sommeil et le travail, autre le fait de n’être pas très productif en situation de manque de sommeil, j'ai lu quelque pars sur http://www.comment-bien-dormir.net/ que plus de 15% des accident de travail étaient dus à un manque d'attention, celle-ci est due dans plus de 80 % des cas au manque de sommeil.

Jean @formation coaching 24/04/2014 16:44

Je n'avais jamais fait le rapprochement entre la fatigue des travailleurs et ces accidents , mais c'est vrai! Enfin je n'avais pas besoin de preuve , je remarque bien qu'en général lorsque je manque de sommeil ou que je dors mal je suis beaucoup moins productif car j'ai plus de mal à me concentrer.